Sortie au musée de la Résistance de Blois

Publié le par Casas&Gautier&C

Avec les 1er S3 en mai 2009


La salle dédiée à la résistance: un panneau est consacré au mouvement "France Liberté" et les dernières lettres de "nos fusillés".

Raymond Casas évoque Maurice Druon et Léni Riefensthal
puis chante une version (!) de Lili Marleen.

"Devant la caserne
Un soldat allemand
qui montait la garde
pleurait comme un enfant.
Je lui demande pourquoi pleure tu
il me répond nous sommes foutus
on a les Russes au cul (2X)
Dis moi Lili Marleen (2X)
Mais pourtant, lui dis-je, votre grand Führer
vous avait promis de faire la "guerre Eclair"
Ah, mais dit-il, quelle plaisanterie
Voyez plutôt en Italie
allez sacrés Tommys
Dis moi Lili Marleen
Il y a aussi les Américains
qui veulent à toutes fins
nous faire prendre un bain
et moi, comme je ne sais pas nager
j'vais être forcé de capituler
Allez, salauds d'alliés
Dis moi Lili Marleen"



Les plaques des rues sont autant  de lieux de mémoires dans nos villes.
"Boulevard Marc et Robert Auger fusillés par les Nazis"


Raymond Casas évoque ses souvenirs de l'exode et de l'appel à la résistance du Général De Gaulle (18 juin 40)


L'APPEL DU 18 JUIN
Chaque année désormais à Blois, la sobre cérémonie de l'appel est couronnée par sa lecture, récitée par la lauréate du concours annuel sur la Résistance, mais les autorités de la nouvelle génération ne font pas appel aux témoignages souvenirs.

Il est vrai que 67 ans plus tard, les témoins sont très rares - et en vérité peu de gens entendirent cet appel - car les postes de TSF, alors ancêtres de la télévision, étaient tous branchés sur la voix du Maréchal PETAIN, le "Sauveur de la France".

Or, il se trouve, le hasard aidant, que j'ai entendu l'appel du général DE GAULLE. Le 15 juin au matin, suite aux premiers bombardements aériens, je quittais Blois à bicyclette avec ma mère et ma sœur direction Bordeaux.
Le 10 juin, j'avais rencontré mon père à Nemours en Seine-et-Mame, avec les débris rescapés du bataillon de Blois du 131eme. Mon père nous annonça une bataille de retardement sur la Loire, bataille qui échouera. Le 17 juin au soir, nous arrivions rue Molière à Pessac Mérignac dans la banlieue de Bordeaux chez les cousins AGUILAR.

Simultanément, trois jeunes cyclistes du quartier, "affectés spéciaux", arrivent de la base de Mérignac toute proche, d'où un général vient de s'envoler avec des officiers anglais pour Alger ou Londres. Le terrain est désormais interdit par des herses, précaution mutile car cette nuit les Stukas vont le labourer de leurs bombes. Conseil de ces jeunes "affectés spéciaux" : il faut écouter la TSF, radio Alger et Londres car ce général rebelle à PETAIN a dit « Rien n 'est fini Il faut continuer la lutte ». Et le 18 au soir, donc, tous les postes de TSF de la rue Molière à Pessac écoutaient Alger et Londres. J'ai retenu une phrase de l'appel : « II existe dans l'Empire des forces importantes qui n'ont pas servi ».

De retour à Blois, l'armistice signé, nous passons en zone non occupée à Magnac-Laval où se trouve mon père et les rescapés du 131eme et j'annonce aux sous-officiers présents l'appel entendu. "Horreur ! Tais toi malheureux ! Ce DE GAULLE a trahi le Maréchal, il est condamné à mort !"

J'arrive enfin à Blois après une scène pénible vécue à Saint Aignan Sur Cher : au passage de la ligne de démarcation, les réfugiés de retour crachent sur la voiture du Président Paul BONCOUR, de retour chez lui après avoir voté à Vichy contre PETAIN. Les feldgendarmes dégagent Paul BONCOUR, et cela sous le drapeau nazi qui flotte au dessus de nos têtes. Maman pleure...

Arrivé à Blois, je reçois la visite de trois amis : André MAILLET "Polyte", Gilbert AUBRY et Jacques JUTEAU. Ils ramassent en bord de Loire et en forêt des armes abandonnées par nos soldats qui ont résisté 48 heures. Tous trois ont pris connaissance de l'Appel par le journal "kollabo" qui parle du "traître"  DE GAULLE. Ces trois camarades se rallient spontanément à la Résistance. Tous trois seront déportés dans les camps de la mort.

Dans ma longue vie, je n'ai rencontré que quelques personnes ayant entendu l'Appel, ce soir du 18 juin 1940. Mais l'écho de cet appel sera considérable pour nos quatre années noires.

R. CASAS.Le courrier de la mémoire n° 23 Juillet 2007




Dans la salle N°6 consacrée au "Corps Franc de l'air : Valin de la Vaissière", à la "poche de Lorient" et au "mur de l'Atlantique".
Des armes des FFI (Forces Françaises de l'Intérieur) les objets des volontaires et des prises de guerre.



Henri Gautier évoque les destructions dûes à la guerre dans le centre ville de Blois.

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