Mémoires de la résistance

Publié le par C


Un témoignage d'un résistant de Blois





AMIS DU MUSEE-MEMOIRE de la RESISTANCE, DEPORTATION, LIBERATION en LOIR & CHER Juillet 2008.

LA CITROËN TRACTION AVANT

Autour des années 1940, les «tractions avant » étaient les voitures de série les plus rapides en Europe, ainsi toutes les formations de la Gestapo en France s'en sont-elles équipées, fixant leur choix sur celles de couleur noire.
De leur côté les maquisards cherchèrent à s'en procurer. Un jour de juillet 1944, deux sous-officiers allemands commirent l'imprudence de s'arrêter, pour se détendre, au café du pont à Saint-Romain, laissant leur « traction avant » sur la place de l'église. De passage dans le village, François Marteau (où sa femme habitait), Yves Galliot et PAT eurent tôt fait de s'emparer de l'automobile et de ses occupants et de regagner le maquis triomphalement avec leur butin.
Le 10 août, en forêt de Brouard, le groupe d'intervention du maquis de Saint-Aignan est alerté par Jean Rivon du passage prochain d'un train de prisonniers français et alliés sur la voie ferrée de Tours à Vierzon. Nous prévenons notre chef de bataillon Camille Boiziau au maquis de Valençay. À Noyers-sur-Cher, Marcel Rivon regroupe tous les résistants armés disponibles et réquisitionne le gros camion Panhard à gazogène de l'entreprise Bigot, négociant en vins. Pendant ce temps, François Marteau, Robert Chevy et PAT enfourchent leurs bicyclettes et foncent vers Châtillon où ils retrouvent Robert Sinson. Ce garagiste avait camouflé sa belle traction avant noire, la réservant pour de grandes occasions. Il prend le volant et nous partons tous quatre en direction de la forêt de Gros-Bois pour y bloquer le train. Une garde-barrière nous informe qu'il vient de passer. Nous nous lançons à sa poursuite versSelles-sur-Cher. Parvenus au Pont-de-Sauldre,nous découvrons, au sommet de la côte, àmoins de quatre cents mètres, une trentaine desoldats allemands.  « Vas-y, fonce! » crie François au conducteur qui appuie sur le champignon. Cette détermination nous sauva la vie car les Allemands, habitués de voir leurs amis de la Gestapo circuler en traction avant noire ne supposèrent pas qu'ils étaient en présence  de  « terroristes »,   aussi  nous regardèrent-ils     passer     tranquillement. Continuant notre chemin, nous traversons le Bourgeau et allons faire sauter la voie de gauche quelques kilomètres plus loin. Hélas le train fut détourné sur la voie de droite et fila en direction de Vierzon.
Heureusement que nous avons commis cette erreur ! Si nous avions coupé les deux voies, le train aurait été immobilisé, le groupe d'Allemands serait resté sur la route et aurait intercepté le gros Panhard qui nous suivait, découvrant sous la bâche nos trente camarades armés... On peut imaginer la suite....
Quelques jours plus tard, à l'aube du 21 août, notre belle traction, récupérée à Saint- Romain dans laquelle nous étions neuf à nous être entassés, se heurta à un groupe de soldats allemands dans le bourg d'Orbigny. François Marteau et Hubert Lascas furent tués sur le coup, Jean Caritez et Le Bras grièvement blessés et notre voiture emportée par l'ennemi.
Ainsi, pendant l'occupation, des tractions avant Citroën noires s'opposèrent, celles de la Gestapo, au service de l'oppression, et celles des maquisards, porteuses d'espérance.
Pierre-Alban THOMAS

 Résumé de « Combat intérieur » de Pierre-Alban Thomas
éditions Isis - 1998 - pages 50-51, 56-57, 58-59, 62-63





Une visite au musée de la Résistance de Blois est envisageable
le Mardi 5 mai
de 14 h à 16 h.
Départ du lycée à 13 h au bureau des CPE

Lors de la visite,
vous aurez à complètez cette frise chronologique comparative.
Trouvez des arguments pour répondre à la problématique du cours.




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